Biographie de Jacques ROUCHON   (1923 - 1981)

Naissance à Paris, fils de Joséphine Roy et René Rouchon, directeur des "Galeries Economiques", avenue de Versailles à Paris.
Une soeur, Janine, de 12 ans sa cadette.
Etudes à Paris, lycée Jean-Baptiste Say. Bac philo, puis études commerciales pendant l'occupation allemande.
Rencontre de Françoise Saingnemorte en 1941, qui deviendra son épouse et fidèle collaboratrice en 1947.

 

Résistant depuis 1942, il est fait prisonnier par la Gestapo puis miraculeusement libéré sous l'occupation. Membre des FFI à la libération, Jacques devient titulaire de la Croix de la Libération.
A la fin de la guerre, il hésite entre deux options, partir dans les Colonies ou........ faire de la photo.
Cette dernière option était soutenue par le fait qu'il possédait un appareil photo récupéré par hasard chez un collaborateur à la Libération.

 

Motivé par un ami de Françoise, journaliste, il entreprend de photographier les villes sinistrées autour de Paris.
Il commence à prospecter les agences de Presse, se fait engager par l'une d'elles qui profita de son inexpérience (commerciale), mais qui lui permit de débuter dans le reportage.
Il était naturellement attiré par la photo de Mode et réalisa ses premiers clichés avec son amie Françoise comme mannequin.
Entretemps, il multiplie les reportages dans des domaines variés, notamment il photographie les jeunes Françoise Sagan et Philippe Sollers, puis Paul Léautaud à la fin de sa vie............ Sacha et Geneviève Guitry, Gérard Philipe, Leslie Caron (notamment son départ de Paris pour Hollywood) et tant d'autres.
Il réalise de multiples reportages à caractère social dont bien des négatifs ont disparu à ce jour : la Police ou les PTT la nuit, une famille ouvrière française, les débuts de la Télévision, les cabarets (Lido, Folies Bergère), les débuts du Jazz (série " la Guerre des Caves "- presque un titre de roman noir !) etc.......

 

Il collabora régulièrement à des journaux tels que Claudine, Point de Vue Images du Monde, France Dimanche etc.....
Ses premières photos de Mode ont été prises lors de défilés des grands couturiers : Fath, Rochas, Carven etc.........
Au cours de ces reportages, il rencontre non seulement ces couturiers, mais des rédactrices de mode comme Anna Vanner de Grazia (ce fut une collaboration de 33 ans avec ce magazine italien) et Domingo Biosca qui lui fit photographier les Jerseys Escorpion jusqu"à la fin de sa vie.
Il réalisa des portraits exhaustifs de couturiers au travail, en train de faire la fête ou simplement chez eux.

 

Jacques Rouchon travaillait, photographiait dans un but rédactionnel ou publicitaire précis, avec un regard qui s'adaptait au sujet photographié et son oeuvre a autant de qualités de document que de qualités artistiques ou émotionnelles.
Il rencontre Raymond et Madeleine Grosset qui travaillent pour l'agence Rapho et naturellement, rentre dans l'agence en compagnie de Robert Doisneau ou Willy Ronis.

Contrairement à ceux-ci, il n'eut jamais l'idée d'exploiter par la suite son fonds photographique, considérant toujours les photos à venir comme prioritaires et désirant favoriser le travail de recherche technique notamment en studio.

 

Dans les années 50, il fallait qu'un photographe de Mode et Publicité ait son Studio. Jacques monta son premier Studio dans l'appartement familial de la rue Faraday, prenant souvent ses fils Patrick et Thierry comme mannequins ou figurants, Françoise veillant sur tout .........en plus de ses tâches ménagères.
Il y réalisa ainsi qu'en extérieurs de nombreuses campagnes publicitaires et toujours beaucoup de séries de Mode ou de Beauté.... Il connut les débuts de Alexandre, Jacques Dessange et Jean-Louis David. L'ambiance était formidable en cette époque de pionniers et les commandes pleuvaient, aussi diverses qu'exigeantes en invention technique et artistiques.
Jacques était épaulé depuis le début par son chef de labo Noir et Blanc, Henri Monnier, qui lui resta fidèle jusqu'à la fin.

 

Au début des années 60, le Studio de la rue Faraday devenait beaucoup trop petit et Françoise et Jacques achètent un beau local rue de Marignan, en plein quartier des Couturiers, où il peut enfin créer l'outil de ses rêves......... dessinant et faisant construire sa première boîte à lumière sur pont roulant, abritant quatre torches et générateurs Balcar.
La carrière de Jacques était alors essentiellement tournée vers la Mode et la Publicité et ceci jusqu'à sa disparition en 1981.
Le journal Grazia fut tout au long de sa carrière le plus fidèle de ses clients... lui faisant faire plusieurs fois le tour du monde.

 

En 1972, Jean-Claude Dewolf et Henri Mardyks, photographes publicitaires avec des spécialisations complémentaires à celles de Jacques, vinrent le trouver pour le convaincre de monter une structure commune afin de répondre à toutes les demandes dans tous les domaines de la photo publicitaire.... chacun ayant son espace, et un labo commun.
Débuta alors, l'histoire du "Fer à Moulin" qui est relatée par ailleurs sur le site : http://www.lestudiorouchon.com/

 

Jacques contracta un cancer en 1978 et il travailla jusqu'en 1980, ses fils Patrick et Thierry, maintenant son petit fils Sébastien, avec l'aide de Françoise, plus que jamais impliquée continuent dans la voie traçée par leur père, grand-père et mari et sont heureux de pouvoir présenter ses images enfin exhumées des cartons dans lesquels elles ont patiemment attendu cette remise à jour.


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